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Morneau-Guérin, Frédéric (2026). Biais et politique : Pourquoi les élus ne décident pas mieux que vous et moi [compte rendu de L’impossible dialogue. Sciences et religions, de Béchard, Benoît]. Les Cahiers de lecture de L’Action nationale, XX (2), 18-19.
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- Texte Biais et politique.docx
Contenu du fichier : Manuscrit accepté (révisé après évaluation) Accès restreint jusqu'à fin- avril 2026. |
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| Catégorie de document : | Comptes rendus d'ouvrages |
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| Évaluation par un comité de lecture : | Oui |
| Étape de publication : | Publié |
| Résumé : | « Il faut de la mesure en toute chose. » La maxime, associée au poète latin Horace, a cette netteté des formules qui traversent les siècles parce qu’elles touchent juste. Bien que romain, Horace avait longuement séjourné en Grèce, où il s’était imprégné d’une culture et d’une philosophie irriguées depuis des siècles par l’impératif de la mesure. « Rien de trop », était-il écrit sur le portique du temple d’Apollon à Delphes. Des siècles avant lui encore, Homère rappelait déjà, dans ses poèmes fondateurs, que toute hubris finit par se payer, que toute démesure appelle – pour reprendre la formule de Sylvain Tesson – le retour du bâton. La vie nous impose des devoirs, et le premier consiste peut-être à ne pas transgresser la mesure du monde. C’est sous le double signe de la mesure – la mesure comme retenue et la mesure comme acte de mesurer – que se laisse lire Biais et politique : Pourquoi les élus ne décident pas mieux que vous et moi, l’ouvrage de Benoît Béchard. Rarement un livre consacré à la décision politique aura su à ce point conjuguer exigence intellectuelle, sens pédagogique sans condescendance et lucidité sans complaisance à l’égard de nos institutions démocratiques. L’ouvrage s’ouvre d’ailleurs sur une préface de Jean-Luc Mongrain, figure bien connue du paysage médiatique québécois, dont la verve directe donne d’emblée le ton. Cette courte préface situe le livre dans l’espace public et signale d’emblée qu’il ne s’adresse pas qu’aux spécialistes, mais à toute personne intéressée par les enjeux de la vie démocratique. Le parcours de Benoît Béchard éclaire la singularité du regard qu’il porte sur la décision politique. Docteur en psychologie de la décision, formé en science politique, chercheur spécialisé dans l’étude des limites de la cognition humaine en contexte réaliste, il a aussi été conseiller politique et même candidat à une élection. Autrement dit, il connaît à la fois les modèles, les données empiriques et la rugosité du terrain. Cette double appartenance au monde de la recherche et à celui de l’action confère au livre une solidité et une portée peu communes. Béchard ne cherche ni à juger moralement les politiciens ni à les disculper. Son postulat est plus sobre, mais aussi plus exigeant : la plupart des personnes élues agissent de bonne foi et font « de leur mieux dans des circonstances qui les dépassent » (p. 6) souvent. Les questions qu’il pose ne relèvent donc pas de l’éthique ou de l’intégrité, mais de la capacité réelle à décider dans des environnements complexes. Le fil directeur de l’ouvrage est clair : « l’un des principaux défis de notre époque réside dans la gestion de la complexité » (p. 1). Comme le souligne Béchard lui-même, « en politique, chaque situation est unique » : les problèmes y sont multidimensionnels, et les interventions – ou les absences d’intervention – s’inscrivent toujours dans un environnement qui continue d’évoluer indépendamment des intentions des décideurs. |
| Déposant: | Morneau-Guérin, Frédéric |
| Responsable : | Frédéric Morneau-Guérin |
| Dépôt : | 10 févr. 2026 16:27 |
| Dernière modification : | 11 févr. 2026 13:49 |
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